À cent jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, le site officiel olympics.com a consacré un portrait à deux athlètes que notre association connaît bien : Yves et Jean-Pierre Bourhis, frères, céistes, et Sénégalais.
Tous deux figurent parmi les 36 athlètes modèles retenus pour accompagner et soutenir la nouvelle génération lors de ces Jeux — le premier événement olympique de l’histoire organisé sur le sol africain.
UNE FRATRIE AUX JEUX DEPUIS 2016
Depuis Rio 2016, il n’y a jamais eu d’épreuve de C1 hommes en canoë slalom aux Jeux olympiques sans un Bourhis au départ. Jean-Pierre y a représenté le Sénégal à deux reprises, puis Yves a pris le relais à Paris 2024, où il s’est hissé en finale à Vaires-sur-Marne, tout près du podium.
Yves Bourhis, puis Jean-Pierre Bourhis, aux championnats du monde de canoë slalom. Photos : Stefan Brending (2eight), CC BY-SA 3.0 de, via Wikimedia Commons — images redimensionnées.
LE DOUBLE PROJET, ET MÊME LE TRIPLE
Ce qu’ils viennent transmettre aux jeunes de Dakar dépasse la technique de pagaie. Derrière les deux olympiades de l’aîné, il y a un ingénieur en maintenance de véhicules électriques et hybrides. Derrière le finaliste de Paris 2024, il y a un trésorier qui mène en parallèle une reconversion pour devenir comédien.
Concilier tout cela relève de la méthode. « C’est surtout un pli à prendre, d’être habitué à travailler sans cesse, d’avoir la tête prise, essayer de vraiment tout organiser pendant toute l’année », explique Yves à Olympics.com. Son frère décrit des journées découpées au cordeau : entraînement entre midi et deux, gestion administrative en fin d’après-midi, parfois une seconde séance le soir.
Jean-Pierre s’entraîne au stade d’eaux vives de Pau, son camp de base, sur les périodes où il peut travailler à distance, et met l’accent sur la préparation physique quand il est en déplacement.
LA RÉSILIENCE, LEUR MOT À TOUS LES DEUX
Interrogés sur la qualité que le sport leur a donnée et qui leur sert dans la vie professionnelle, les deux frères répondent la même chose, sans hésiter : la résilience.
« Je fais un métier qui n’est pas forcément facile, parce que des fois c’est de réparer des choses où le constructeur ou les gens disent que c’est irréparable », raconte Jean-Pierre. « Il y a beaucoup de gens qui vont abandonner, qui vont dire que ce n’est pas possible. Moi c’est comme en sport, si je rate une figure, je vais débarquer, je vais la refaire un peu jusqu’à ce que je réussisse. […] C’est ce qui permet de progresser, en fait. »
Yves entend le même retour de ses camarades de cours de théâtre : « Ils me répètent souvent qu’en travaillant des scènes, c’est dur… Moi, je dis qu’au pire, ce n’est pas très grave si c’est dur, il faut continuer à travailler. » Et d’ajouter : « On n’a pas forcément cru en moi dans tout ce que je faisais mais aujourd’hui, en fait, peu importe […] j’essaie de me dire « je continue et ça marchera quoi qu’il arrive ». »
CE QUI NOUS LIE À EUX
Ce portrait nous touche particulièrement. Jean-Pierre Bourhis est à l’origine du premier moule de canoë-kayak de notre projet, ce premier pas concret dans la vulgarisation de la filière des composites au Sénégal. C’est de là qu’est parti tout le reste.
Six ans plus tard, la boucle se referme : en décembre dernier, huit jeunes apprenants sénégalais formés au centre de Ngaparou ont fabriqué des kayaks en matériaux composites, qui ont vocation à être présentés lors de ces mêmes Jeux olympiques de la Jeunesse, en novembre prochain.
Deux frères qui montrent aux jeunes que tout est possible, et des jeunes de Ngaparou qui construisent les bateaux : il y a pire, comme convergence.
Source : olympics.com, article de Nicolas Kohlhuber et Florian Bouhier publié le 23 juillet 2026.



